LA FRANCE EN AUSTRALIE
Ceci est le premier d'une série d'articles à paraître sur la part qu'a jouée la France dans l'histoire de l'Australie. L'ensemble de la série pourra être trouvé sur le site que je consacre spécifiquement à cette île-continent: http://www.monaustralie.fr.
1er article - Les conditions des explorations vers l'Australie au XVIIIème siècle
Le XVIIIème siècle - le Siècle des Lumières - est caractérisé par un profond mouvement intellectuel, culturel et scientifique. On cherche à exercer partout la raison, en s'appuyant sur l'expérimentation. Toutes les matières où s'exerce l'esprit humain évoluent et connaissent de très grands progrès: les mathématiques, les sciences de la nature, la médecine, les sciences physiques, la philosophie, les arts. C'est l'époque de l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert dont la mission était de "rassembler les connaissances éparses sur la surface de la terre".
Cet esprit de découverte se manifeste notamment dans la recherche de connaissance de la Terre, particulièrement à partir de la moitié du XVIIIème siècle. L'Europe s'intéresse notamment aux lointaines contrées d'Orient, à leurs habitants, leurs industries, leurs richesses. Les expéditions maritimes se multiplient. Les plus connues d'entre elles sont vraisemblablement:
Ø Les expéditions conduites par le capitaine anglais James Cook qui fit trois voyages:
o 1er voyage (1768-1771) - C'est au cours de ce voyage que, le 22 août 1770, il prit officiellement possession de la côte Pacifique de l'Australie au nom de la Couronne britannique;
o 2ème voyage (1772-1775)
o 3ème voyage (1776-1779) au cours duquel il trouva la mort dans une altercation avec les autochtones des iles Hawaï
Ø L'expédition commandée par Jean-François de Galaup, comte de La Pérouse (1785-1788) qui visita tous les océans du globe, et plus particulièrement le Pacifique. Après avoir fait escale à Botany Bay en Australie, où elle rencontra la First Fleet du Capitaine Arthur Phillip, l'expédition partit pour un voyage qui se termina tragiquement sur le récif de Vanikoro dans l'archipel des îles Santa Cruz.
Les explorations maritimes entreprises sont beaucoup aidées par les progrès enregistrés en matière d'instruments de navigation. En 1731 le mathématicien britannique John Hadley et l'inventeur américain Thomas Godfrey inventent en même temps le sextant qui permet de connaître de manière précise la latitude du point de l'observateur, et en 1736 l'horloger anglais John Harisson invente le chronomètre de marine ou "horloge marine à longitude".
L'exploration poursuit également d'autres objectifs, au rang desquels la christianisation n'est pas absente. Un autre besoin, politique et économique celui-là, incite la France a découvrir d'autres horizons. Ces objectifs économiques et politiques sont rarement mis en avant dans les motivations officielles. Il n'en demeure pas moins qu'elles sous-tendent la quête de découvertes.
En effet, à la fin du XVIIème siècle et au début du XVIIIème, grâce à Louis XIV et à son Contrôleur Général des Finances et Secrétaire d'Etat à la Marine Jean-Baptiste Colbert, la France se constitue un vaste empire ultramarin. Cet empire comporte:
- la Nouvelle-France, immense colonie de peuplement associée à une assimilation des populations indiennes, qui s'étend de la région du Canda et des grands lacs, puis le long du Mississipi jusqu'à la Louisiane.
- les Antilles, dont les plantations exploitées grâce aux esclaves venus d'Afrique génèrent de très gros profits, grâce principalement à la culture de la canne à sucre.
- les Indes, qui regroupent l'ensemble des possessions de l'Océan Indien menant aux comptoirs des Indes.
Cette situation évoluera au XVIIIème siècle. Après la Guerre de Succession d'Autriche (1740-1748), la France s'engage dans la "Guerre de 7 ans" (1756-1763). Cette guerre voit les principales puissances européennes s'affronter dans un conflit qui pousse les protagonistes à se combattre non seulement en Europe, mais également dans leurs colonies. La France en sort battue et exsangue. Elle a notamment perdu son domaine américain au profit des Anglais, ce qui l'amènera d'ailleurs quelques années plus tard, par revanche, à soutenir la guerre d'indépendance des colonies britanniques d'Amérique (1775-1783). Elle perd également nombre de ses possessions dans les Caraïbes et en Inde. La marine française est décimée mais sera réformée et améliorée dans les années suivantes.
La reconstitution d'un second empire colonial français fait alors partie des desseins inavoués qui sont assignés à ces explorations lointaines.
Plus d'informations à venir sur http://www.monaustralie.fr.
Philippe Buteri de Préville, passionné d'Australie, est né au Vanuatu et a passé sa vie professionnelle en Nouvelle Calédonie. L'île-continent n'était jamais très loin. Grâce à sa formation universitaire éclectique, en particulier historique, il est à même de faire découvrir les différentes facettes de cette Terra Australis Incognita...
Source : Les conditions des explorations vers l'Australie au XVIIIème siècle - Articles Gratuits
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